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Service européen de l’action extérieure : sauvegarder un rôle actif de la Commission, éviter la dérive intergouvernementale

Poursuite la semaine prochaine des discussions sur la hausse des salaires des fonctionnaires 

Strike threat as pay rises for EU staff are blocked

ÉLECTIONS SYNDICALES: stabilité relative de la représentation syndicale à la Commission à Bruxelles - percée de la nouvelle plateforme U4U

ÉLECTIONS: élections syndicales à la Commission européenne

 

Service européen de l’action extérieure : sauvegarder un rôle actif de la Commission, éviter la dérive intergouvernementale

 

par Georges Vlandas in EUROPE DIPLOMACY & DEFENCE THE AGENCE EUROPE BULLETIN ON ESDP AND NATO (Carte blanche, Décembre 2009)

 

D'après les traités, c'est la Commission qui a la responsabilité principale de promouvoir l'intérêt général de l'Union et c'est aussi à elle seule que revient le pouvoir de prendre les initiatives nécessaires à cette fin. Elle le fait avec le concours du Parlement européen qui est l’expression démocratique directe de l’intérêt commun.

 Entre autres nouveautés, le Traité de Lisbonne sur l'Union européenne consacre l'importance de l'action extérieure de l'Union en en spécifiant les objectifs et les principes dans un des chapitres relatifs à la politique extérieure et de sécurité commune (PESC). C'est dans ce même chapitre qu'il est fait mention de la création d'un Service Européen pour l'Action Extérieure (SEAE), supervisé par un Haut représentant (H.R.) qui est en même temps vice-président (V.-P.) de la Commission. C’est sur ce SEAE que s’appuiera le H.R. de l’Union qui présidera aussi le Conseil ‘Affaires étrangères’.

 Cette nouvelle architecture imbrique compétences communautaires (de solidarité structurelle et prévisible dans la durée, donc proactive) et compétences intergouvernementales (aléatoires, « one shot » et non structurantes, donc réactives) dans le domaine des relations extérieures de l’Union, ce qui comporte des risques de dilution et de subordination des premières aux secondes. La cohérence de conception stratégique et d’action n’est évidemment pas la même selon qu’elle s’exerce au titre de la solidarité communautaire ou sur la base de compromis intergouvernementaux. Nous le constatons déjà dans la PESC. Nous risquons désormais de l’observer dans un certain nombre de politiques extérieures européennes, qui relèvent du « moteur » communautaire même si elles font l'objet de compétences partagées, comme par exemple la politique de coopération au développement - devenue une politique étrangère « à part entière » qui, elle, intègre les enjeux stratégiques autour de l’intérêt commun. Ce risque concerne également d’autres politiques et initiatives extérieures européennes. De plus, la direction du SEAE est confiée à une seule et même personne agissant en tant que H.R. / V.-P. de la Commission ; comme H.R., il a seul la responsabilité du SEAE ; comme V.-P., il assure la coordination de toutes les autres politiques autour des priorités définies au sein du seul SEAE. Dans ces conditions « asymétriques », comment faire pour que la double casquette H.R. / V.-P. n'empêche pas les actions diplomatiques de l'Union de participer à la réalisation d'objectifs communautaires au service de l'intérêt général de l'Union, donc ne soit pas confinée dans le strict giron de la coopération intergouvernementale ?

 Les textes laissent donc planer des ambiguïtés qu’il est important de lever en identifiant quels sont les enjeux et en donnant des pistes de solutions pour mettre en place un cadre stratégique pour l’action extérieure, porteur de l’intérêt commun et en ligne avec les objectifs de l’Union.

 Le premier enjeu concerne l'initiation, la formulation et la mise en œuvre des politiques extérieures communautaires existantes qui ne doivent pas être progressivement mises sous la tutelle d’objectifs et d’actions définis dans un cadre essentiellement intergouvernemental. Cela reviendrait à déconstruire 50 ans d’intégration communautaire. Il est au contraire fondamental de renforcer l'autonomie et la force de ces politiques afin qu’elles ne soient pas réduites à de simples instruments mais qu’elles continuent d’exprimer à tous les niveaux (formulation et mise en œuvre sur le terrain) l’intérêt commun. À cet égard, l’idée de confier la responsabilité de la programmation pluriannuelle de la coopération au développement au SEAE reviendrait à mettre fin à une politique de développement en la réduisant au rôle de simple « bras financier » au service de la politique étrangère et de sécurité commune. Il en va de même pour maintes activités conduites aujourd'hui au sein de la DG RELEX à la Commission.

 Dans un contexte ou la PESC n'est en rien communautarisée, la première priorité doit donc être de préserver, au sein de « l'action extérieure de l'Union », les « acquis communautaires » (par exemple la coopération au développement, l'aide humanitaire, les négociations avec les pays tiers) et de mettre en cohérence ces politiques communautaires avec les intérêts et objectifs de l'action extérieure définis par le Conseil européen (art 22), sans pour autant les y subordonner. Ces politiques communautaires peuvent être cohérentes avec la PESC, définie et mise en œuvre par le Conseil européen et le Conseil statuant à l'unanimité. Elles ne doivent pas pour autant en devenir des appendices, de simples instruments d’ajustement ou de financement ! Non seulement toutes les politiques initiées par la Commission doivent donc être mises en œuvre par des services de la Commission, mais l'opportunité existe d'aller plus loin dans le développement d'une coordination horizontale - au sein de la Commission - des volets externes de ces politiques européennes autour de priorités de coopération identifiées en partenariat avec les pays bénéficiaires (Énergie, Transport, Environnement, Recherche, Pêche, Commerce, Agriculture, Coopération Économique Financière et Technique...).

 Il me paraît indispensable de revenir sur la cohérence du cadre stratégique, le rôle de la Commission et la nécessité d’une culture communautaire et d’un esprit de corps.

Le deuxième enjeu est celui du rôle dévolu au SEAE dans la définition d’un cadre stratégique cohérent, respectueux de l’intérêt commun, et qui facilite la convergence des différentes politiques extérieures de l’Union. Or, dans une configuration où le SEAE penche structurellement et juridiquement dans un sens intergouvernemental, et où le management sera constitué pour 1/3 par des fonctionnaires « détachés » ou « prêtés » par des services diplomatiques nationaux, comment croire que certains intérêts purement nationaux n’interféreront pas avec, voire ne supplanteront pas l’intérêt commun ? C’est pourquoi il s’avère déterminant de délimiter le périmètre d’action du SEAE aux fonctions de représentation, d'information et, en partie, de négociation auxquelles peuvent se rajouter des fonctions de préparation et de mise en œuvre de la PESC qui est élaborée essentiellement au niveau du Conseil. En parallèle, davantage que la personnalité du Haut représentant H.R. / V.-P. désigné à la tête de ce service, l’élément déterminant tiendra aux pouvoirs et obligations qui seront les siens, notamment comme vice-président de la Commission. Dans cette optique, il appartiendra à cette personnalité agissant comme V.-P. de la Commission chargé de la politique extérieure d'aider le collège à intégrer dans un cadre stratégique commun communautaire l'ensemble des nombreuses politiques de la Commission qui concourent à l'action extérieure, en particulier le volet externe des politiques internes.

Le troisième enjeu porte sur la nécessité non seulement de ne pas accroître, mais même de corriger, la dichotomie entre élaboration et mise en œuvre de ces politiques externes, une dichotomie qui peut conduire à des interventions chaotiques, génératrices de tensions et de contradictions. Des caractéristiques qui vont à l’encontre d’une action extérieure à la fois digne, lisible et à la hauteur des objectifs et intérêts de l’Union. Cette dichotomie, déjà problématique, risque en effet d'être accentuée si le personnel de la Commission est cantonné à des tâches de mise en œuvre, la « diplomatie » étant un privilège réservé aux « nationaux » ou à l’intergouvernemental. Il est donc impératif qu'il y ait une stratégie globale qui permette la convergence et la mise en cohérence des actions extérieures de l’Union européenne dans une démarche politique qui transcende l'intergouvernemental, souvent fait de compromis sans vision communautaire, porteuse de solidarité structurelle durable.

 De la réponse à l’ensemble et à chacun de ces enjeux dépendra la capacité de l’Union à être un « acteur global » ailleurs que dans le discours. Un acteur capable de défendre les intérêts de ses citoyens dans un monde marqué à la fois par une interdépendance économique grandissante et une multipolarisation de plus en plus affirmée. Faute d’être un tel acteur, l’Union ne serait plus en mesure de promouvoir ni le multilatéralisme dont elle s’est fait le chantre ni les valeurs dont elle se réclame.

À l’exercice de cette capacité est plus que jamais lié le maintien, sinon le renforcement, d’une Fonction publique européenne indépendante, cette indépendance ayant été considérée par les Pères fondateurs de l’intégration européenne comme la condition indispensable de l’identification, la défense et la promotion de l’intérêt commun. La défense de la Fonction publique européenne (FPE), au service de la Commission et des autres institutions de l’UE, passe avant tout par la défense du rôle politique, des prérogatives et du périmètre des institutions communautaires. Le SEAE peut représenter une chance pour la construction européenne en permettant de conduire une action sinon communautaire du moins commune, en tout cas mieux coordonnée autour du communautaire. La condition de réalisation de cette avancée se trouve dans le respect des traités et des compétences qui en découlent pour les institutions communautaires, notamment la Commission dont le périmètre actuel doit être pour l'essentiel maintenu pour les actions extérieures de type communautaire.

 La mise en place d'un SEAE va apporter des modifications au cadre de travail des collègues de la Commission mais aussi à celui du personnel du Conseil, sans oublier les futurs collègues qui viendront des 27 États-membres. Pour toutes ces personnes, la mise en place du SEAE aura un impact sur leur parcours professionnel, ainsi que sur la nature et les modalités d'exercice de leur travail. La question des ressources humaines doit être traitée en lien avec la défense d'une approche communautaire dans laquelle la Commission européenne, dans son ensemble, doit pouvoir peser dans le nouveau jeu des relations externes. Ceci implique que soient respectés les principes d'unité, d'indépendance et de permanence de la FPE. C’est pourquoi, le SEAE que je préconise est une structure dont le personnel doit être partie intégrante de la FPE. Le personnel qui y travaille devrait être soit fonctionnaire européen soit agent temporaire avec possibilité d'intégration dans le corps des fonctionnaires suivant des modalités transparentes et équitables. Un prérequis indispensable pour assurer dans la transparence et en toute équité la mobilité entre le SEAE et les services de la Commission, y compris le « droit au retour » pour les fonctionnaires de la Commission affectés au SEAE.  À cet effet, il serait urgent de mettre en place une politique adaptée de formation, basée sur une fertilisation croisée des compétences et de l'expérience acquise dans les cadres tant national que communautaire pour permettre à tous de se préparer professionnellement à travailler ensemble au SEAE, et d'y être à même de représenter les intérêts communs de l'Union sur la scène internationale .

European External Action Service : Safeguarding an active Commission role, avoiding intergovernmental slide

 

By Georges Vlandas in EUROPE DIPLOMACY & DEFENCE THE AGENCE EUROPE BULLETIN ON ESDP AND NATO (December 2009)

 

According to the treaties, it is the Commission that is mainly responsible for promoting the Union’s general interest and it is the Commission alone that has the power to take the necessary initiatives to this end.  This is done with the help of the European Parliament, which is the direct democratic expression of common interest.

 Innovations include the fact that the Treaty of Lisbon on the European Union exemplifies the strength of Union external action by specifying the aims and principles in one of the chapters on common foreign and security policy (CFSP).  It is in this same chapter that mention is made of the creation of a European External Action Service (EEAS), under the supervision of a High Representative (HR), who is also Vice-President (VP) of the Commission.  The Union’s HR, who will also head the Foreign Affairs Council, will use this EEAS as the basis for work.

 This new architecture intertwines Community competence (structural solidarity foreseeable in the longer term, hence proactive) and intergovernmental competence (random, “one shot” and not structural, hence reactive) in the field of the Union’s external relations, which comprises the risk that Community competence may be diluted in or subordinated to intergovernmental competence.  Consistency of the strategic concept or action is obviously not the same depending on whether it comes under Community solidarity or is based on intergovernmental compromises.  This is already obvious in CFSP.  We now run the risk of seeing the same phenomenon in a number of European external policies, which have the Community as “driver” even if they are the subject of shared competence, for example development cooperation policy – which has become a fully fledged foreign policy involving strategic issues around the common interest.  This risk also concerns other European foreign policies and initiatives.  What is more, EEAS management is entrusted to one and the same person acting in his/her capacity as HR/VP of the Commission.  As HR, that person has sole responsibility of the EEAS.  As VP, he/she must coordinate all the other policies in relation to the priorities defined within the EEAS.  Given such asymmetrical conditions, how can one ensure that such an HR/VP dual role does not prevent EU diplomatic action working to achieve Community general interest objectives, while ensuring that it is not simply intergovernmental cooperation?

 The texts of the treaties therefore leave some ambiguity that should be lifted by identifying the issues at stake and by giving solutions so that a strategic framework is set in place for external action, as the bearer of common interest in line with the Union’s objectives.

 The first issue at stake concerns the initiation, wording and implementation of existing Community external policies that must not be gradually brought under the tutelage of objectives and action defined within an essentially intergovernmental framework, as this would be tantamount to unpicking 50 years of Community integration.  It is on the contrary fundamental to enhance the autonomy and the strength of such policies so that they are not reduced to little more than instruments, but rather that they continue to express common interest at every level (formulation and implementation on the ground).  In this respect, the idea of entrusting the responsibility of multiannual development cooperation planning to the EEAS would be tantamount to putting an end to development policy by making it no more than a “financial arm” of common foreign and security policy.  The same is true for many of the activities conducted today within DG RELEX at the Commission.

 In a context where CFSP has nothing Community about it, top priority must therefore be to safeguard acquis communautaire (for example, development cooperation, humanitarian aid, negotiations with third countries) within Union external action and to bring these Community policies into a consistent line with the interests and objectives of external action as defined by the European Council (Art. 22), without, however, making them subordinate to this.  Such Community policies must be coherent with CFSP, defined and implemented by the European Council and the Council enacting by unanimity.  They must not, however, become appendices, no more than adjustment and funding instruments!  Therefore, not only must all policies initiated by the Commission be implemented by Commission services, but there is the possibility of going still further in the development of horizontal coordination - within the Commission - of external chapters of these European policies around cooperation priorities identified in partnership with beneficiary countries (energy, transport, environment, research, fisheries, trade, agriculture, economic financial and technical cooperation, etc.). 

 I believe it is essential to return to the subject of rationality of the strategic framework, the role of the Commission and the need for a Community culture and “esprit de corps”.

The second issue at stake is that of the role attributed to the EEAS when it comes to defining a coherent strategic framework, in line with common interest and facilitating consistency between the Union’s different external policies. In a configuration where the EEAS structurally and legally leans towards what is intergovernmental, and where one third of management is ensured by officials who are “posted” or “on loan” from national diplomatic services, how can one believe that certain purely national interests will not interfere with, or even supplant, the common interest?  That is why it is important to restrict EEAS action to representation, information and, partly, negotiation, to which must be added the work of preparation and implementation of CFSP, which is essentially developed at Council level.  In parallel, and more than the personality of the HR/VP appointed to head the service, the determining factor will be the powers and obligations attributed to that person, including as Commission vice-president.  With this in view, it will be up to that person acting as VP of the Commission responsible for foreign policy to help the College to integrate all the many Commission policies surrounding external action into a joint Community strategic framework, especially in relation to the external chapter of internal policies.

 The third issue at stake concerns the need not only to increase but also to correct the dichotomy between the development and implementation of these external policies, a dichotomy that may lead to chaotic intervention generating tension and contradiction – characteristics that run counter to dignified, comprehensible external action living up to the Union’s objectives and interests.  This dichotomy, which is already problematical, would be accentuated if the Commission’s personnel were restricted to implementation tasks, “diplomacy” being a privilege reserved to “nationals” or to the intergovernmental element.  It is therefore imperative for there to be a global strategy that allows convergence and cohesiveness of European Union external action as part of a political approach that transcends the intergovernmental side - often made of compromises without Community vision - to bring lasting structural solidarity.

 The response to each of these issues and to these issues as a whole will depend on the Union’s ability to be a “global actor” other than in rhetoric – an actor able to defend the interests of its citizens in a world that is marked not only by growing economic interdependence but also by increasingly obvious multi-polarisation.  If the Union cannot be such a player, it will no longer be able to promote the multilateralism for which it has become the high priest, or the values it claims as its own.

 Exercise of this capacity is, more than ever before, linked to the maintaining if not reinforcing of an independent European civil service.  Such independence was considered by the fathers who founded European integration as the indispensable precondition for the identification, defence and promotion of common interest.  Defence of the European Civil Service (ECS) to the service of the Commission and the other EU institutions above all means defence of the political role, the prerogatives and boundaries of Community institutions.  The condition for achieving this move forward is to be found in compliance with the treaties and the competence that arises from this for the Community institutions, especially the Commission whose current remit must be essentially maintained for external action of the Community variety.

 Establishment of the EEAS will bring changes to the working framework of colleagues at the Commission but also to Council personnel, not to mention future colleagues who will come from the 27 member states.  For all these persons, the setting up of the EEAS will have an impact on their careers, as well as on the nature and the arrangements for the exercise of their duties.  The question of human resources must be dealt with in connection to the defence of a Community approach whereby the European Commission as a whole must be able to carry some clout in the new external relations game.  This means that the principles of unity, independence and permanence of the ECS must be respected.  That is why the EEAS that I recommend is a structure whose staff is an integral part of the ECS.  The people who work there should be either European officials or temporary agents with the possibility of integrating the body of officials according to transparent and equitable terms and conditions.  This is an essential prerequisite to ensure transparency and full equity in mobility between the EEAS and the Commission services, including the “right to return” for Commission officials allocated to the EEAS.  To this end, it would be urgent to set in place a suitable training policy, based on the sharing of competence and experience gained within national and Community structures to allow everyone to be professionally prepared to work together at the EEAS, and to be able to represent the Union’s common interests in the international arena.

 

 

Voir aussi le texte de l'Agence Europe sur le même thème

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(EU) UE/ADMINISTRATION : poursuite la semaine prochaine des discussions sur la hausse des salaires des fonctionnaires 

Bruxelles, 03/12/2009 (Agence Europe) – Plusieurs États membres (une dizaine) continuent de contester la proposition de la Commission européenne visant à prévoir, entre l’été 2008 et l’été 2009, une hausse de 3,7% des rémunérations et pensions des agents de la fonction publique européenne. 

Lors du COREPER (Comité des représentants permanents des États membres auprès de l’UE) de mercredi 2 décembre, les pays dits « contributeurs nets » au budget de l’UE, comme l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Autriche, ainsi que des pays ayant décidé de réduire (parfois même de plus de 10%) ou de geler les émoluments de leurs fonctionnaires publics (comme Grèce, Irlande, Hongrie et les États baltes), ont demandé à la Commission de revoir sa copie. La ministre autrichienne de la fonction publique, Gabriele Heinisch-Hosek, a récemment indiqué que « zéro pour cent (de hausse des salaires) serait plus adapté ». Les discussions sur ce dossier reprendront le 8 ou le 9 décembre, au sein du COREPER. Un accord doit intervenir avant la fin de l’année.

La Commission défend pour le moment sa proposition, qui, conformément à l’annexe XI du statut, tient compte de l’évolution du pouvoir d’achat des traitements publics nationaux (rémunérations nettes des fonctionnaires nationaux des administrations centrales dans un échantillon de huit pays, à savoir Allemagne, Belgique, Espagne, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas et Royaume-Uni) et de l’évolution du coût de la vie à Bruxelles pour les fonctionnaires de l’UE. Ces chiffres sont, respectivement, de +2,7 et +0,9%. La Commission rappelle en outre que les salaires bruts réels des fonctionnaires de l’UE augmenteraient de 2,7% en 2009, selon sa proposition, mais après : -1,3% en 2008, 0% en 2007, +0,2% en 2006, 0% en 2005 et -1,4% en 2004.

L’organisation syndicale « Union pour l'Unité » (U4U) invite la Commission à : 

bulletrester ferme sur sa proposition et à ne pas la modifier ; 
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introduire immédiatement un recours en carence, en cas de non adoption de la proposition de la Commission par le Conseil. Il est demandé à ce dernier de « respecter ses obligations juridiques et morales vis-à-vis de l’ensemble de la fonction publique européenne ». 

Les syndicats doivent être « prêts à déposer si nécessaire un préavis de grève », estime aussi U4U.

 L’organisation souligne, enfin, qu'en échange de la méthode d'adaptation des rémunérations, les fonctionnaires « se sont vus imposer un prélèvement obligatoire additionnel à leur impôt sur le revenu », dont le montant passera à 5,07% de la rémunération brute, le 1er janvier 2010; « ce qui n’est pas contesté par les États membres ». (L.C.)

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European Voice 03.12.2009

Strike threat as pay rises for EU staff are blocked

By Simon Taylor

EU staff unions have threatened strike action after 15 member states block 3.7% pay increase.

Fifteen national governments are blocking a European Commission proposal to increase the pay, pensions and allowances of EU civil servants by 3.7%.
The move has provoked threats of strike action from the EU's staff unions, which have urged the Commission to take the national governments to court.
The national governments' deputy ambassadors to the EU discussed the increase at a meeting in Brussels yesterday (2 December), but failed to reach an agreement. They will discuss the issue again next Wednesday (9 December).

The 15 countries that are opposed to the increase include the UK, Germany, France, Italy and the Netherlands and six countries that joined the EU in 2004. They argue that the increase is unreasonable when national civil servants are having their pay frozen or cut.
The Latvian government has cut public-sector pay by up to 25% and in Ireland a quarter of a million public-sector employees went on strike last week in protest at plans to cut €1.3 billion from the wages bill of the public sector.

The Commission made its proposal on the basis of a formula governing EU staff pay, calculated from the salaries of civil servants in eight EU member states combined with a cost of living allowance for Brussels in the period July 2008 to June 2009. The pay-award would be back-dated to July 2009. The eight reference countries are the UK, Germany, France, Italy, Belgium, Spain, Luxembourg and the Netherlands.
A spokeswoman for Siim Kallas, the European commissioner for personnel, who made the proposal, said that the method of calculation was “fair” and meant that officials “shared the gain and the pain”. She said that the purchasing power of EU officials had fallen by 1.7% from 2004 to 2009.

Alan Hick, a representative of Union Syndicale at the European Economic and Social Committee, said that the use of the formula was an “honest bargain which has given us social peace for 20 years”. He said the calculation was part of the staff regulation agreed by the Council of Ministers and was therefore “obligatory” and the Council did not have to right to ignore it. He said that the formula would probably lead to a pay-cut next year.
The legal service at the Council secretariat has advised member states that departing from the formula would be vulnerable to a legal challenge. The Council has limited grounds for rejecting the Commission's proposal. An article in the staff regulations says that if there is a “serious and sudden deterioration in the economic and social situation” in the EU, the Commission can submit a revised proposal accompanied by “objective data”.
Francesco Ianniello of the Renouveau et Démocratie staff union, said that if the Council refused to agree to the proposed increase, the Commission should take the Council to the European Court of Justice for failing to respect the pay formula. Hick, too, said that the Council should be taken to the European Court of Justice if it blocked the award.

But it is the Commission, not the staff unions, which would have to mount the legal challenge. European Commissioner Sicco Mansholt challenged a Council decision in 1972 for failing to honour its obligations to EU staff during the oil crisis.

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Bruxelles, 26/06/2009 (Agence Europe) - UE / ÉLECTIONS SYNDICALES: stabilité relative de la représentation syndicale à la Commission à Bruxelles - percée de la nouvelle plateforme U4U

 Les élections syndicales au comité du personnel local de la Commission européenne à Bruxelles se sont achevées, jeudi 25 juin à 17h30, et montrent une stabilité relative des principaux syndicats ainsi qu'une percée du petit dernier, la plateforme « Union pour l'unité » (U4U) qui remporte deux sièges. Voici, selon les résultats non consolidés qui nous ont été communiqués vendredi, la répartition des 27 sièges qui étaient à pourvoir:

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Renouveau et démocratie (8 sièges), le syndicat majoritaire conserve la première place mais perd deux sièges ;

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Union syndicale (6 sièges), principal syndicat d'opposition, fait jeu égal ;

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la Fédération de la Fonction publique européenne (FFPE) et la Confédération - Syndicat de la Fonction publique européenne remportent chacun 3 sièges ;

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Solidarité européenne, l'Association des fonctionnaires indépendants (TAO-AFI) et l'Union pour l'unité remportent chacun 2 sièges

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le Syndicat des fonctionnaires internationaux et européens (SFIE) ne conserve qu'un siège sur trois précédemment ;

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le Syndicat solidarité, indépendance et démocratie (SID) n'obtient aucun siège.

22 398 fonctionnaires étaient appelés aux urnes. Plus de 66% d'entre eux avaient déjà voté mercredi, permettant au quorum d'être atteint. A l'issue de ce scrutin, aucun syndicat ne détient la majorité de 14 sièges nécessaire pour les décisions du comité local et encore moins celle de 18 sièges nécessaires pour constituer la délégation bruxelloise au comité central du personnel. Les syndicats vont donc chercher à constituer des alliances. (L.P./O.J.)

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English version

Agence Europe

(EU) UE / ÉLECTIONS: élections syndicales à la Commission européenne

Bruxelles, 10/06/2009 (Agence Europe) - Les élections au comité local du personnel à Bruxelles, représentant pour trois ans les intérêts des fonctionnaires européens, des agents temporaires et des agents contractuels de la Commission, ont débuté hier, mardi 9 juin, pour se clore le 11 juin 2009. Toutefois, si à l'issue de ces trois jours de vote, le quorum des deux tiers des électeurs inscrits n'est pas atteint (soit 14 932 électeurs), la période de vote sera prolongée de deux semaines, jusqu'au 25 juin 2009. Si le quorum n'est toujours pas atteint à cette date, un second tour de vote sera organisé avec, cette fois-ci, un quorum de 50% des électeurs inscrits. 54 membres vont être élus au comité local du personnel de Bruxelles, dont 27 membres effectifs et 27 membres suppléants. Si, en 2006, lors des dernières élections, 5 listes s'étaient présentées, cette année, les électeurs ont le choix entre 9 listes différentes. Il leur est possible de voter par liste, mais également de manière préférentielle, pour les candidats de leur choix, au sein de chaque liste. En 2006, deux tiers des électeurs avaient privilégié le vote par liste et un tiers le vote préférentiel. Suite aux élections, le comité local de Bruxelles nommera 19 représentants, qui siègeront au comité central du personnel. Ce comité regroupe les représentants des huit comités locaux du personnel des institutions européennes et est composé de 40 membres. (…)

Une seule véritable « nouveauté » est donc à signaler concernant ces élections syndicales. Il s'agit de l' « Union pour l'Unité » (liste 2). Ce syndicat, créé notamment par des anciens membres de l'US et de la FFPE, met en avant dans son programme la défense de la fonction publique européenne. Selon l' « Union pour l'unité », cette dernière est actuellement en danger et cela alors que la récente crise économique a démontré l'importance et l'utilité de son rôle. La fonction publique européenne est remise en cause à la fois par un euroscepticisme grandissant et par ceux rejetant le travail effectué par les institutions européennes. L' « Union pour l'unité » considère que, depuis 2004, la Commission européenne elle-même participe à démanteler la fonction publique européenne. L'adoption en 2001 de la « réforme Kinnock du Statut de la Fonction Publique européenne » est, selon le syndicat, une preuve de la volonté de destruction de la Commission, de même que le récent rapport dit « des trois Directeurs Généraux». Celui-ci prévoit de remplacer, chaque fois que cela sera possible, un fonctionnaire européen par un expert national détaché ou par des agents recrutés sur une base ad hoc par cooptation [...] La volonté de démantèlement de la fonction publique européenne est également visible dans la tendance de la Commission à externaliser la gestion des programmes européens, les confiant de plus en plus aux États membres, aux Nations unies ou à des agences privées. Aujourd'hui, l'« Union pour l'unité » estime que le travail de la Commission européenne devient de plus en plus bureaucratique et qu'il y a une « baisse constante de son utilité politique et institutionnelle ». La fonction publique européenne doit donc lutter contre la remise en cause de « son existence et de sa raison d'être ». L'« Union pour l'unité » propose d'être le « catalyseur » de cette démarche. (L.P)

AGENCE EUROPE WELCOMES INNOVATIVE AND VALUE-ADDED APPROACH OF U4U

The innovative and value-added approach exercised by U4U has grabbed the attention of the most European newspaper in the European press, Agence Europe (2009/6/10). This is what it says about union elections currently taking place in the European Commission:

 

(EU) EU / ELECTIONS: Union elections at European Commission

Brussels, 10/06/2009 (Agence Europe) - Brussels Local Staff Committee elections, to select representatives of European officials, temporary agents and contract employees at the Commission for a period of three years, began on Tuesday 9 June and will close on 11 June 2009. If, however, after three days of voting, the quorum of two thirds of those on the voting list has not been reached (14,932 voters), the voting period will be extended by two weeks, until 25 June. If the minimum turnout has still not been achieved, a second round of voting will take place, this time with a 50% quorum of those registered to vote.

54 members will be elected to the Brussels Local Staff Committee, 27 current members and 27 alternate members. At the previous elections in 2006, 5 lists were put forward, but this year voters have the choice of 9 different lists. They can vote by list, but they can also note their preferences, for the candidates of their choice, on each list. In 2006, two thirds of voters chose to vote for lists and one third used their preferential votes.

Following the elections, the Brussels Local Committee will appoint 19 representatives, to the Central Staff Committee. This committee comprises the representatives of the eight local staff committees of the European institutions and has 40 members.

The 9 candidate lists this year are: - list 1: the “European Solidarity” (ES) union; - list 2: the “Union for Unity”; - list 3: the “Union of International and European Civil Servants” (UIECS); - list 4: the “Confederation-Union of the European Civil Service (Conf-SFE); - list 5: the “European Civil Service Federation” (ECSF); - list 6: the “Union Syndicale” (US); - list 7: the “Association of Independent Officials” (TAO/AFI); - list 8: “Renewal and Democracy” (R-D); - list 9: Solidarity, Independence and Democracy” (SID). (…)

One real innovation to be highlighted is the list two “Union for Unity”. In its manifesto, this union, created by former members of the US and the ECSF, lays great importance on defending the European civil service, which, it says, is currently at risk, even though the recent economic has shown how important and useful it is. The European civil service is in danger both from growing Euro-scepticism and by those who reject the work done by the European institutions.

The Union for Unity believes that, since 2004, the European Commission itself has been engaged in dismantling the European civil service. The adoption of the Kinnock reform of the European civil service in 2001 shows, the union claims, that the Commission wants to destroy the European civil service, as does the recent report, known as the “three Directors General report”.

This would see European civil servants replaced, every time it was possible, by seconded national experts or by agents recruited on an ad hoc basis or co-opted. The desire to dismantle the European civil service can also be seen in the trend within the Commission to outsource management of European programmes, granting them increasingly to member states, the United Nations or private agencies.

Today, the “Union for Unity” believes that the work of the European Commission is becoming increasingly bureaucratic and that there is a “constant decline in our political and institutional usefulness”. The European civil service must challenge this questioning of its existence and raison d'être. The “Union for Unity” wants to be the catalyst in this effort.

 

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